Les Commentaires sur la Guerre des Gaules de Jules César constituent un récit en prose latine à la première personne des campagnes de Rome en Gaule pendant son proconsulat (58-50 av. J.-C.), rédigé et diffusé par livraisons avant d'être rassemblé en un ouvrage continu. Rédigés dans un style austère, apparemment reporteur et conforme à la tradition romaine du «commentarius», ils présentent opérations militaires et manœuvres diplomatiques comme un récit autoritaire des événements à la frontière septentrionale, tout en jouant le rôle d'une intervention dans la politique de la fin de la République. Les livres I–IV, comme l'annonce la description initiale de la division de la Gaule en trois parties et la migration helvète qui s'ensuit, couvrent la consolidation initiale du pouvoir romain, la négociation et la contrainte exercées sur les peuples alliés, ainsi que la mise en scène des premiers succès de César à l'intention des publics d'Italie et de Rome.
Les thèmes dominants de l'œuvre incluent la construction des différences ethniques et culturelles, la légitimation rhétorique de la violence préventive et la présentation du commandement comme gestion rationnelle de la crise. La célèbre auto‑référence de César à la troisième personne confère une apparence d'objectivité qui amplifie simultanément la compétence stratégique et atténue l'examen moral, tandis que des ethnographies et des discours construits fournissent des cadres explicatifs rendant la conquête intelligible et apparemment nécessaire. À la fois monument majeur du latin classique et texte fondateur des représentations européennes de la «Gaule» et de la «Germanie», La Guerre des Gaules a exercé une large influence sur l'historiographie, le mémoire politique et la littérature militaire, façonnant les normes du récit clair et offrant aux lecteurs ultérieurs un exemple paradigmatique de la façon dont la forme littéraire peut servir l'ambition impériale et personnelle.