About this audiobook
Dans ces nouvelles, Eva Rossi explore les zones d’ombre du désir féminin, là où la solitude des villes périphériques rencontre l’imprévu des corps. Ses héroïnes vivent dans des lieux ordinaires, centres commerciaux désertés ou salons défraîchis, et pourtant leurs pulsations intérieures embrasent l’air immobile. Le regard, la tension sociale, l’écart d’âge et l’interdit deviennent matière sensuelle.
Dans La mère de quelqu’un, un homme pressé pousse la porte d’un salon presque vide à l’heure où le soleil décline. « Je ferme dans vingt minutes », murmure la coiffeuse, cigarette aux lèvres, tandis que leurs regards se heurtent derrière la vitrine. L’ennui, l’agacement, la chaleur du soir glissent peu à peu vers une attente trouble, presque dangereuse. Dans cet espace banal, quelque chose frémit — une faim que ni l’argent ni la bienséance ne savent apaiser. Et lorsque la nuit tombe, il n’est plus certain que l’on ressorte indemne d’un simple rendez-vous.